• L'élevage du cheval frisé par les Amérindiens
     
    Les premières traces du cheval Curly nord-américain datent de 1801. Les indiens des plaines (Sioux, Lakota, Crow) relataient leur histoire au moyen de dessins sur des peaux de bisons, chaque année en hiver, d'où le nom de Winter counts. Ces pictogrammes représentent les évènements important de l'année, et plusieurs fois des chevaux frisés y figurent. (1801, vol de chevaux curly Crow par les Sioux, 1876 bataille de Little Bighorn, etc). Ce sont souvent des indiens importants qui sont dessinés sur les curlies, comme l'homme-médecine.
    On sait qu'un ami Sioux d'une famille de ranchers possédant des Curlies s'est vivement étonné, voire offensé, que des non-indiens se permettent de posseder des chevaux frisés, sacrés pour les Sioux. Seuls les indiens dans la hiérarchie haute pouvaient monter les curlies et on les appelait les Buffallo horses parce que selon la tradition, l'homme médecine monté sur un Curly, tuait le premier bison de l'année.
     
    Quelques indiens actuellement en vie dans les reserves de Standing Rock et Pine Ridge (Sioux Oglala)  se souviennent d'avoir connu des curlies indiens, "qu'ils étaient méfiants et qu'ils avait une odeur permanente de cheval en sueur". L'indien Young Eagle relate "ces chevaux étaient possédés par les indiens aussi loin que je m'en souvienne. On leur donnait le nom de Sung-gu-gu-la, littéralement "cheval à la crinière brulée""
     
    Slim Burndt et Ernie Hammrick achetèrent en 1930 des chevaux frisés indiens à un Cheyenne nommé Elie Bad Warrior. Ils ont donné la lignée Warrior qui existe encore aujourd'hui. Pour l'anecdote, Ernie apprécait le caractère confiant des curlies indiens, mais il en a aussi possédé un, Curly Wolf, qui s'est illustré comme un redoutable cheval de rodéo ! Ces deux éleveurs ont croisé les Curlies indiens avec des Stochorses pour le travail de bétail. D'autres curlies indiens de la reserve Standing Rock ont été vendus à Dorothy Hedges (curly indien x appaloosa) et à Bill Valentine (curly indien x Spanish mustang). C'est sans doute ce dernier qui a élevé les chevaux les plus ressemblants aux curlies indiens d'origine.
     
    Vous pouvez voir en Allemagne et en Autriche plusieurs élevages spécialisés dans les origines Hammrick (Stockhorse Warrior), et en France au moins deux juments possédant du sang indien, YS Sakura (Sa mère vient de la reserve de Standing Rock) et CC Skygrey Lady Spark (sa grand-mère vient de l'élevage disparu de Bill Valentine).
     
    Sources Crow Country curly, Myth and Mystery et divers...
     


     


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  • Hypothèses sur le pourquoi de la frisure chez le Curly

    Pour connaitre les différents types de frisure du cheval Curly, lire et cliquer

    http://www.lecurly.com/so.html

    Je pense que plus de 95% des Curlies d'élevage, dits de race Bashkir Curly ou North American Curly horse sont assurément de gène dominant, et sans doute la quasi totalité des Curlies de parents sauvages type mustang... DONC tous les articles et notes parlant de Curly recessif ne représentent qu'une infime minorité.

    Il ne serait pas étonnant qu'il existe deux types distincts de curlies, la race de gène dominant et les autres races recessives, sans rapports évidents. (Dire que le gène recessif mutant serait devenu dominant parait scientifiquement bizarre, et on se demande pourquoi cette soi-disant mutation n'aurait eu lieu qu'aux US et pas dans les autres troupeaux sauvages connus dans le monde).

    Par contre un gène dominant très discret chez un reproducteur (curly minimal) peut donner naissance à une frisure abondante chez son poulain. (Tout comme une jument qui a juste une toute petite tache appaloosa peut avoir un poulain léopard)


    Il en est de même chez les chats frisés : le Wirehair est une race de gène dominant, le Devon rex est une mutation de gène recessif. Ces races sont totalement différentes, le Whirehair est un chat très lourd, épais, à petites oreilles, et c'est vraiment l'opposé du Rex.

    Chats ou chevaux, il faut mieux éviter de croiser les curly dominants et les récessifs, au moins pour cette raison qu'ils ne sont pas de la même race. Et aussi pour celle que si l'on introduit un gène recessif, on ne saura plus bien le tracer car il est non visible, pas exprimé quand présent en un seul exemplaire, et possiblement masqué aussi par une frisure dominante, ou bien confondu avec.

    Des gènes frisés : oui mais combien ??? Seulement deux ou davantage ?


     Nous avons élevé des rats frisés avec les enfants, et nous avons ainsi découvert plein de choses ! Qu'il y avait cinq types de frisure et cinq gènes différent du poil frisé chez le rat ! Le Fuzzy, le Rex, le Curly, le Kinky, le Shaggy...

    http://www.nerolie.net/ratlala/lerat/articles/genes.htm

    Les rats porteurs du double gène dominant Rex ou Curly sont parfois privés plus ou moins de poils, semblables aux Curlies dits extrèmes, (voire "Balds" ?). On peut en conclure que c'est une confirmation du fait que les curlies extrèmes (qui ont très peu de crins) soient homozygotes pour les boucles (double gène dominant).

    Et que c'est en mélangeant certains gènes dominants avec certains gènes recessifs frisés que l'on obtenait des animaux sans poils, un peu par hasard. Peut être que le mot bald conviendrait mieux ici ? Car la plupart des chevaux curly extrèmes manquent de crins mais ne manquent pas de poil, alors que les curly balds, très très rares, ont des plaques entières sans poils. PHOTO ci dessus.

    Pour l'anecdote : D'autres nus proviennent d'autres gènes (quel rapport avec les boucles ?). Ainsi, on retrouve des chevaux intégralement nus chez l'Akal-Téké, par gènes recessifs, qui, sans doute, sont différents de nos gènes frisés connus actuellement. (On ne connait pas d'Akal Téké frisé). Par contre, il y a aussi une photo de Percheron intégralement nu et on observe fréquement des Percherons recessifs frisés aussi.

    http://www.ultimatehorsesite.com/info/hairless/hairlesshorsephotos.html

    Le gène de la frisure dominant parait à l'opposé de cette nudité recessive : il donne un poil très chaud qui protège le cheval du froid. Les curlies sont bâtis pour le froid et ont aussi par exemple beaucoup de graisse isolante sous la peau. Alors que le pauvre cheval nu, bien souvent, meurt de froid...

    Le Fox Trotter Curly ou le troisième type...

    Il reste tout de même un mystère... Les Missouri Fox-Trotters (MFT) Curly, qui, sont déjà "étranges" parce qu'ils appartiennent à deux races en même temps sans que ce soit un accident recessif.

    Les MFT curly ont une frisure qui se comporte en gène dominant,. Pourtant, il y a des fox-trotters curly recessifs qui naissent aussi de temps en temps... Alors quel rapport entre eux ??? Les deux sortes de gènes ensembles chez le Fox Trotter ? C'est curieux.... mais comme la frisure du Fox-Trotter est différente, par exemple le Curly fox Trotter homozygote ne perd pas ses crins et il a des frisettes "micro-curls" (pas les boucles habituelles des mustangs curlies), on peut imaginer qu'il s'agit d'un troisième type de frisure ? Il est également troublant de noter que beaucoup de curlies, même venus de l'état sauvage, sont gaited... Chez Zion's Gait Curlies (US), on élève des curlies MFT et on pense vraiment que seul le gène dominant est celui du Curly, le gène recessif étant un accident génétique, qui s'est produit par hasard au sein d'une même race. Tout ça ne nous explique pas pourquoi la frisure du Fox Trotter est différente du Curly Damele habituel... Donc le doute plane toujours, mais allez vite sur son site lire ce qu'ils en disent et flânez-y, les chevaux sont splendides !

    http://www.zgcurlies.com/menu/aboutcurlies/index.html

    La véterinaire et eleveur Andrea Shaap pense qu'il s'agirait en effet d'un troisième type de frisure (ou une variante), qui serait dominant incomplet. Il me semble que le gène crème puisse avoir de semblable variantes dans certains cas. Celà serait une bonne réponse pour le MFT : certains auraient des gènes dominants incomplets et non pas recessifs. Un gène qui donne une frisure chez les produits, qui est dominant, mais qui n'est exprimé que très discrètement ou en mélange d'autre sorte de poil chez les parents car il 'narrive pas à dominer complètement un autre gène "poilu" dans certains cas...

    Le syndrome de Cushing

    Il faut que je termine en parlant d'une maladie appelée Cushing, ou hirsutisme. Elle ne touche que les chevaux âgés souffrant d'un soucis de métabolisme. Leur poil ne mue plus, il est très long et parfois un peu frisé Il arrive que des personnes (non averties et non experimentées) croient voir alors un cheval curly ! Mais il est bien facile de faire la différence : le cheval atteint du syndrome de Cushing est d'aspect maladif, et surtout, les crins ne frisent pas mais seulement les poils ! Si votre vétérinaire n'a jamais vu de vrai Curly, surtout en hiver, prévenez le car il pourrait bien déduire que votre Curly est malade !

    http://www.equeduc.com/pdf/cp196p56a57.pdf

    NOTES pour mémoire : autres races de chevaux avec des frisures dominantes ou suspectés tels.... Lokaï (Tadjikistan). Abtenauer et Noriker (Autriche).  Ancien cheval de Norvège. Ancien cheval Tartare. Sulphur Mustang (et autres mustangs) . Ancien Pichay du Paraguay. Et Baudet du Poitou !!!!!

    Et frisures recessives : arabe, MFT, Quarter horse, Appaloosa, Morgan, Paso fino.

    NOTES BIS : super cours de génétique pour les nuls :

    http://www.ailuropus-mainecoon.com/genetique/dominant_recessif.html

     


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  • L'histoire de la fondation de la race Curly en Amérique

    Suivez mes lectures, ici résumées pour On Curls:

    http://www.oncurls.org/historique.html

    En résumé, il y a quatre grandes lignes d'élevage :

    -Les sources indiennes natives, rachetées par les blancs (Warrior, Hammrich)

    -les éleveurs western qui ont gardé des chevaux frisés dans leurs lignées de chevaux de travail et de Quarter-horse en se préoccuppant en premier d'avoir des chevaux utiles, frisés ou pas. (Fredell, Skonsberg, Cypress...)

    -Les éleveurs qui ont selectionné d'abbord la frisure (Damele)... Résultats hétérogènes.

    -Les autres projets : Missouri Fox Trotter Curly, Spanish mustang curly... puis les modernes dérivés, curly X arabes (Al Marah), et enfin curly de sport...

    Voir ici en anglais quelques lignées fondatrices :       http://www.angelfire.com/bc/curlygait/Curlystrain.html

    Sans doute, les lignées différentes risquent de disparaitre malgré les efforts, (sauf peut être qulques lignées des curly de travail car les éleveurs luttent pour les conserver, et les Missouri Fox trotters curly, très particuliers). En effet toutes ces lignées finissent tourner en rond. La fermeture du SB de l'ABC et le developpement fort du Curly de sport incite déjà aux mélanges de lignées, et sans doute le curly de demain sera un mélange de tout celà, prenant le meilleur de chaque...

    Le stud-book de l'ABC n'a débuté qu'en 1971. Il est bien difficile de retracer les origines de la plupart des curlies avant cette date, même si certaines lignées sont tout de même très bien identifiées jusque dans les années 50, d'autres sont pleines de chevaux d'origines inconnues, non que ces chevaux aient forcément été de véritables inconnus sans race, mais simplement non enregistrés.

     Notre histoire Desys

    Programme 1 de 2004 à 2009: Notre élevage a commencé dans l'esprit Stockhorse. Le stockhorse est un pré-quarter-horse, un cheval plus rustique, plus épais, plus orienté vers l'équitation d'extérieur que la course, mais avec l'aptitude vachère, un mental agréable et déjà une morphologie de type assez western. Le stockhorse est un croisement plus ou moins developpé et plus ou moins fixé de Spanish mustang et de pur-sang anglais. Version curly, celà donne du mustang curly et parfois du Curly Damele avec un ajout progressif de PS et de QH. C'est ainsi que nous avons choisi Sassy (curly mustang / PS /Qh/ Stockhorse), Tony (Curly Damele/ PS / QH) et Crystal (Curly Damele / PS).

    Pourquoi utiliser des 3/4 curly et non des purs ? Parce que c'est l'esprit stockhorse, et qu'un peu de sang frais ne nuit pas dans des pedigrees souvent assez étouffés. Ainsi sont construites Chestnut et Blueberry, nos belles filles alezanes.

    Programme 2 de 2010 à 20XX: commence avec Lady (full ABC). J'aimais beaucoup le père de Lady (curly Damele polyvalent) et j'allais souvent regarder ses poulains pour le plaisir. Mais quand j'ai vu Lady à deux mois, ça a été le coup de foudre, il me fallait cette pouliche absolument ! Tant pis si elle était grise ! C'est son type ibérique qui m'a fait craquer. Plus tard, j'ai envoyé sa photo à l'association de chevaux Genêts (Barbe ibérique de type ancien) et oui, Helène Goulfert me l'a confirmé, cette jument a un type Barbe Espagnol. En examinant son pedigree, sa grand-mère est  mustang (curly et non curly) barbe et spanish, et son grand-père est le curly Spartacus, qui a bien un petit air ibérique aussi. J'ai continué à me renseigner en lisant The Curly horse in NA, Myth and Mystery, où j'ai appris que la grand-mère Spanish mustang curly de Lady faisait bien partie d'un programme d'élevage  de Spanish-mustang-curly de Bill Valentine, cet éleveur ayant aussi utilisé des souches curly indiennes dans sa recherche du type ibérique. Ensuite j'ai été voir les Iberams, projet US assez similaire au Genet français. L'Iberam est un cheval Ibere-américain, bref un spanish mustang développé, amélioré et sportif. Et devinez quels chevaux ont été au départ de cette race ? Des mustang curlies ! Et ensuite, plus particulièrement des Curlies gaited.

    La philosophie d'Hélène Goulfert (Haras du Verseau et fondatrice de l'AFC ANGE) m'a ouvert les yeux : c'est d'abord le modèle et le type qu'on selectionne, pas un pedigree... L'éleveur est dans l'oeil, n'est ce pas ?

    YS Kumo est arrivé en juin 2008, et , DONC, d'abord, il est magnifique ! Ensuite, c'est un pur curly de modèle assez Ibérique ancien, avec un apport merveilleusement bien construit de curly gaited sur une base de Stockhorse mustang-curly. Et avec quasi zéro Damele, il conviendra à 95% des juments... Vivement les prochains poulains !

    Outre le couple "parfait" de Lady et Kumo, le mélange des programmes 1 et 2 (qui n'est pas du tout sans relations, puisque le Stockhorse s'y retrouve, ainsi que, plus lointainement dans le cas de Kumo, le PS dont la souche MFT est largement baignée ) devrait donner de bons chevaux curly de sport...

    Prochain projet ? Quelques concessions à toutes ces certitudes pour gagner un peu en couleur !

     


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  • Quelques recherche et hypothèses historiques sur notre race Curly

    Rare et nouveau, le curly ? Pas tant que ça. De même que les robes colorées étaient appréciées sous les rois français et bien connues, le poil frisé n'est pas mentionné comme quelque chose de rarissime chez les Encyclopédistes. Mais ce poil particulier n'était pas recherché, et même parfois éliminé des élevages.

    Ainsi, Charles Darwin, Frédéric Cuvier, Audouin, Hamilton Smith, Charles Dessalines d'Orbigny, parlent sans s'émouvoir de chevaux frisés en Europe. Ils leur donnent le nom de Bashkir la plupart du temps. Aujourd'hui, Bashkir désigne une race précise de l'Oural, mais il y a deux siècles, c'était un mot plus général, parfois synonyme de Cosaque. Les contacts fréquents avec ces cosaques, par les guerres et pour remonter la pauvre cavalerie française sous Napoléon, expliquent que s'il y a eu des "Bashkir" frisés qui ont été présents à l'Ouest européen et plus particulièrement en France à cette époque. Le plus drôle est qu'un cheval à poil frisé "venant de Tartartie" (donc cosaque) est exposé au Muséum d'histoire naturelle de Paris ! (Source ancienne du Guide de Paris de 1814, dès que je vais à Paris je vérifie mais il est peut être est-il remisé dans les sous-sols ! Info bienvenue !) CF Texte Baron de Comeau ci dessous

    C'est Frédéric Cuvier qui mentionne le plus des chevaux frisés. Il parle d' un étalon bai-brun "de la race à poil frisé" utilisé pour la production expérimentale de mules, dans son Dictionnaire des sciences naturelles de 1817. Ce pourrait être le même que celui dont parle Hamilton Smith dans Histoire naturelle du cheval, un étalon noir frisé subtilisé à l'empereur d'Autriche et arrivé en France, "croisement entre le Bashkir et le French Black". Cet auteur dit qu'il a lui aussi possédé un cheval rouan frisé, qu'il a acheté chez un marchand qui indiquait que l'animal venait "des montagnes Magdaléniennes de Colombie" (oui, oui, les importations de chevaux allaient bon train à l'époque !), mais Smith pense que son cheval venait sans doute plutôt de l'Est, puisque "le type originel (frisé) vient d'Asie". Frédéric Cuvier nous dit aussi que Pallas a observé des curlies en Russie, "dans la région entre le Jaïk et la Volga", et aussi D'Azara en Amérique du Sud (voir plus bas ce texte édifiant).

    Il y a des contradictions au sujet de la couleur des chevaux frisés, les uns associant souvent la frisure et la couleur blanche (textes plus anciens, Pline, Léon l'Africain et dans un traité de maréchalerie), les autres au contraire les disent de robes foncées (textes du XIXème). Souvent la frisure est considérée comme une tare ou une curiosité de chevaux revenus à l'état sauvage, ou de condition inférieure (élimination de la reproduction). Les auteurs citent aussi le cheval Norvégien comme de poil floconneux/frisé, mais au vu des documents photos ou gravures il ne s'agirait pas -à mon avis - de véritables curlies (poil d'hiver hyper développé mais juste ondulé et crins plats).


    Essais sur l'histoire naturelle des quadrupèdes du Paraguay
    par Félix d'Azara (1801)

    "J'ai vu beaucoup de chevaux crépus, que dans le Paraguay on nomme Pichay. Leur poil est entortillé comme celui des nègres de Guinée [SIC] et leur sabot est absolument semblable à celui du mulet. J'en ai vu de poils différents mais point de pie ni de blanc. J'ai remarqué que les poils de la queue et de la crinière, crépus également, sont beaucoup plus courts que le commun des chevaux. [...] Cette race se reproduit et mélée à des chevaux ordinaires il en résulte des chevaux qui sont métis. Ces chevaux passent pour plus forts mais comme ils paraissent plus laids on cherche à les détruire en châtrant les mâles et en tuant les juments crépues [SIC]. Néamoins on ne parvient pas à ce but parce qu'il en nait quelques uns de père et mère ordinaires.


    La correspondance avec notre curly américain est saisissante, la description correspond très bien. Il parait évident à cette lecture que des curlies d'Amérique du Sud ont accompagné les hordes de chevaux sauvages qui allaient vers le Mexique et les USA. Est-ce l'unique origine du curly, sans doute pas, mais au moins en partie.


    Autre note à étudier : Dans les études sur les chevaux de Solutré, l'un des vestige préhistorique est dit "du cheval à la crinière crépue".

    Napoléon aurait-il possédé et monté un cheval frisé ??? J'ai posé la question à Philippe Osché, auteur de Les Chevaux de Napoléon. Malheureusement il n'en savait rien. Voici notre indice :

    Texte "inédit" dans les recherches car en français :

    Ce cheval, si furieux avant, restait là, sans bouger ; je le pris aussi, bien qu’il essayât de faire le difficile, se cabrant, donnant des coups de pied de devant. Aidé par je ne sais qui je le montai et je n’en ai jamais eu de si bon et de si doux. .C’était un de ces petits chevaux kalmouks, à moitié sauvages comme leurs maîtres ; je le remis au Roi de Bavière qui m’avait semblé le désirer; en place le Roi m’envoya un rouleau de ducats cacheté. Je crois qu’il le donna à Napoléon. Du moins quelques officiers de sa connaissance m’ont assuré l’avoir vu à Paris, au jardin des plantes, mais c’en était peut-être un autre, car j’en ai retrouvé en Russie beaucoup de cette race, peu connue dans nos contrées. Le pelage de celui-ci était noir et formait une épaisse toison frisée comme celle d’un chien barbet, queue et crinière très fournies et les jambes de devant courtes et couvertes en arrière de flocons de crin comme des barbes de bouc. 
    "Souvenirs des guerres d'Allemagne pendant la Révolution et l'Empire",capitaine baron de Comeau, 1900
     
     


    Des hypothéses sages ou folles en vrac :

    -Si les chevaux frisés n'étaient pas très recherchés en Europe, il est bien normal qu'on s'en soit débarrasé en les envoyant en Amérique avec les bateaux des colons. Les Espagnols étaient très regardant sur les couleurs de leurs chevaux et pour eux le poil frisé signait un cheval paresseux et lymphatique.

    -Les amérindiens seraient issus d'Asie, certains de ces peuples asiatiques colonisateurs (voyageant avec leurs chevaux nord-indiens ou russes frisés ?) ont fait le grand tour par le nord de l'Europe (chevaux frisés en Norvège ?) et sont aussi passés par l'Alaska. Auraient-ils amené des chevaux frisés avec eux ? Bien sur il est notoire qu'il n'y avait pas de chevaux en Amérique avant le XVIème siècle, mais un reportage archéologique vu sur Arte, s'appuyant sur la découverte d'un squelette de cheval semblait dire le contraire... Bien que la règle puisse avoir des exception, un cheval égaré ou sans descendance est possible, il n'y a pas eu assez de fouilles en Amérique pour tirer des affirmations. Cette thèse est soutenue dans plusieurs ouvrages généraux, dont Cent chevaux de Légende (solar).

    -Continuons, encore plus fou, si vous le permettez ! S'il y avait eu des chevaux avant les colons européens en Amérique, voici une explication amusante et plus romantique que scientifique... Le cheval moderne aurait vu le jour en Amérique au Pléistocène. Puis une période de glaciation est arrivée. Les Mammouths sont devenus laineux et ont migré en Amérique du Sud, tandis que d'autres passaient le détroit de Béring pour se réfugier en Asie. Pourquoi les chevaux n'auraient-ils pas fait de même, développant un poil frisé (car les curlies sont très visiblement des chevaux bâtis pour lutter contre un froid intense, voir les traits physiques) et se cachant soit en Asie (Bashkir, Lokaï) soit au Sud de l'Amérique ? Bien caché à l'Est de l'Amérique du Sud dans des régions inexplorées de l'homme (et il y en a (eu) sans contestation possible, et des régions où les fouilles archéologiques sont quasi-impossibles), le cheval à poil laineux aurait survécu. Lorsque les chevaux des Espagnols sont arrivés, beaucoup ont retrouvé la liberté et sont partis à l'Est. Ils se sont alors mélangés à ces chevaux natifs frisés. Et voilà nos curlies, avec leur gène dominant (pas mutant/récessifs, tous les gènes anciens et sauvages sont dominants) et leurs traits physiques si spéciaux !!!! Allez, c'était un coup de folie, mais les pièces du puzzle s'emboiteraient si bien que j'ai voulu vous le faire partager !

    Une petite nuance : une recherche génétique comparative a été faite entre le Bashkir russe et le Curly américain. Les liens de parentés sont peu évidents. Mais si le mot Bashkir a été si longtemps employé comme quasi-synonyme de "cosaque" et "tartare", il désigne autre chose aujourd'hui, une race bien précise... Il n'y a sans doute pas grand chose de commun entre le Bashkir actuel et celui dont parlent nos encyclopédiste... alors le mystère du curly réside peut être dans un simple problème de sémantique ?!!

    NOTE : sur des tests sanguins faits sur 200 curlies par Shan Thomas, deux juments montraient un profil génétique complètement inconnu et comparable à aucune race identifiée. Ils s'agissait de deux juments Damele, La Raine et Old Sue.


     


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    Deux fois hypoallergénique ???

    La race Curly a des propriétés hypoallergéniques. C'est à dire que la plupart des allergiques aux chevaux peuvent supporter assez bien de cotoyer ce cheval, sans réactions allergiques.

    Une fois pour les protéines.........

    Le cheval curly est très certainement hypoallergénique concernant les allergies pures aux chevaux. Les personnes qui réagissent aux sécretions et aux protéines qu'elles contiennent : salive, sueur, sébum, squames...

    Les scientifiques ne sont pas très avancés dans leurs recherches concernant le Curly, il paraitrait qu'il y a environ quatre protéines de profil classiquement allergène dans les sécrétions des chevaux normaux, et que le curly en possèderait seulement certaines en moindres proportions. La principale allergène serait une glycoprotéine, de la famille des lipocalines, appellée Equ C 1 (et sans doute aussi Equ C 2 et C4). Elle est présente partout, sur le poil, la salive, la sueur etc...

     Le Curly serait donc "moins" allergisant, mais pas "non" allergisant. Cette dose moindre d'allergène semble être très bien tolérée par beaucoup d'allergiques aux sécrétions des chevaux. Il serait même possible que le curly fasse office de dessensibilisateur, l'organisme des allergiques les tolérant , il s'habitue peu à peu à des chevaux normaux.

    La frisure est-elle liée plus ou moins avec cette spécificité des protéines des curlies? Ce n'est pas systématique. C'est comme pour le chat Sibérien : sa salive est hypoallergénique et les allergiques le supportent, bien que son poil soit long et plat. Très souvent, donc, une frisure montre que ces chevaux sont hypoallergéniques, mais certains chevaux de race curly peuvent être peu ou pas frisés et posséder tout de même les bonnes protéines. C'est la race Curly qui est hypoallergénique.

    Le chat possède la même protéine allergène que le cheval, mais en version féline, la fl d1. Et cette protéine n'est presque pas présente dans les secretions du chat sibérien. On peut donc imaginer que le Curly possède quant à lui très peu de Eq C 1... en tous cas, c'est cette glycoprotéine qui est la cause des allergies au cheval de type I. Et c'est ce que semblait conclure une étude Allemande pour l'ICHO en 2007 (sans beaucoup de détails).

    Pourquoi frisure et hypoallergénie vont-ils fréquement de paire ? J'ai toujours adopté la théorie que le Curly n'était pas un mustang ayant développé par mutation recessive un drôle de pelage, mais que le Curly avait une race archaique comme ancètre, une race de gène sauvage dominant frisé, avec d'autres détails physiques comme l'épaisse graisse sous la peau ou les naseaux très étroits, bref une race de grand froid et de montagne, pour laquelle une isolation frisée était bien utile. Et bizarrement, quelles sont les deux seules races de chats aux protéines hypoallergéniques ? Le chat des forêts Norvégiennes et le chat Sibérien... Les seuls chats vivant dans une froidure extrème... Ma petite conclusion (rapide) serait donc que frisure et hypoallergénie sont des caractéristiques d'adaptation aux climats froids, et qu'ils vont de paire pour cette raison, mais en effet, pas du tout systématiquement !

     Revenons aux allergies aux protéines équines...Parfois on tombe sur la bonne combinaison : aucune allergie, et là c'est le bonheur  ! Parfois, les personnes sont un peu génés mais moins qu'avec un cheval normal. Et rarement, c'est hélas l'échec.

    Donc ceci concerne les allergiques aux chevaux et uniquement aux chevaux.

    Et une seconde fois pour la frisure........!

    Mais les allergiques aux poils de tout poil sont eux aussi souvent privés d'équitation ! Donc d'un autre côté, la frisure est une aide à certains allergiques, les allergiques aux poils divers et variés.  Car ce poil frisé, dense, sec avec une peau grasse, libère moins de poils morts et moins de squames... Sauf en période de mue bien sûr ! Les essais au printemps ou à l'automne doivent être évités au début. Les allergiques au poils d'animaux auront davantage de mal à s'habituer aux curlies et devront souvent utiliser un aspirateur de pansage, des gants, un masque... Mais c'est ainsi que l'ont dit que les chiens frisés, comme le caniche ou le fox, sont hypoallergéniques.

    Celà dit, la "vraie" allergie au cheval, et la "vraie" hypoallergénique du cheval curly sont plutôt associées à l'allergie à Equ C1 dont nous avons parlé en premier... L'allergie de type 1.

    Souvent les crises se déclenchent en présence de deux facteurs qui se combinent : pollen et poils, poussière et poils... ou hélas, cheval et poils... Pas facile. Une allergie cheval qui aurait été tolérée en temps normal se déclenche à cause d'une autre facteur comme le poil ou les pollens, ou inversement... mais si l'allergie cheval peut être maitrisée petit à petit, celle du poil pourra aussi être contenue, avec beaucoup d'archarnement, un suivi par allergologue et le choix du cheval adapté. Ce serait une explication possible pour comprendre pourquoi le cheval curly est toléré par 95% des allergiques en Amérique du Nord, alors que les scores de tolérance sont bien plus faibles en Europe. Parce que l'Europe est plus polluée, il y davantage de combinaisons allergènes.

    Tout celà ne sont que des observations empiriques et non scientifiques.

    Conclusion

    Il arrive enfin que les allergiques supportent un curly mieux qu'un autre. Selon le type d'allergie, parfois un pedigree sans mélange d'autre race, ou parfois un curly extrème (double gène curly), sera un facteur d'espoir. Mais pas une garantie, et les surprises ne sont pas rares, qu'une personne supporte mieux un demi-curly qu'un pur par exemple... question, pour l'un, de protéine non visible, pour l'autre, de sorte de poil ?

    Vous aurez noté que nous avons utilisé deux comparaisons hypoallergéniques du règne animal : le chat siberien, qui a des secrétions moins protéinées et moins allergisantes (et n'est pas frisé), et le caniche, qui est hypoallergénique parce que frisé, mais sans autres particularités. Notre cheval curly, lui, serait donc deux fois hypoallergénique. Une fois comme le chat sibérien, et une fois comme le caniche... Voici donc pourquoi frisure et hypoallergénie ne serait pas forcément liées...

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    Article de Jeroen Vershuren sur le Curly et l'allergie, les types d'allergies..;

    http://www.oncurls.org/allergies.html

    Le chat sibérien hypoallergenique : pourquoi...

    http://www.chatsiberien.net/index_hypoallergenique.htm

    http://www.remcomp.fr/asmanet/allergenes/e1-chat-poilsetsquames.htm

    Cheval, allergène Equ C 1 

    http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=198304

     Autres races de chats à la fois frisés et réputés pour être hypoallergéniques : La Perm, Selkirk Rex. Nous avons préféré parler du Sibérien car le chat sibérien est une race aux origines connues et sa protéine Fel D1 a été testée. Son poil est hydrofuge et c'est une race façonnée par la nature (Chat des bois) tout comme le cheval Curly.


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